Les difficultés récentes du Pim@nt (voir l’article du 11 décembre 2009, et le blog publié par Radio Béton), lieu de ressource et d’information en musiques actuelles sur la ville de Tours et l’Indre et Loire, rappelle une nouvelle fois que la transmission des savoirs et le développement culturel sont les grandes absentes des orientations politiques actuelles.
Pourtant, comment peut-on parler de culture et de pratiques artistiques sans reconnaître ce que les structures de la ressource et leurs équipes ont apporté dans le développement et la structuration des musiques actuelles, y compris pour le champ professionnel ?
Comment ignorer l’importance de l’accompagnement des acteurs (porteurs de projet), quand il contribue à l’autonomisation de personnes, à la sécurisation des parcours, à la prise en considération des initiatives dans un domaine où elles foisonnent et sont forces de plus-values économiques, sociales, culturelles et artistiques ? Alors que de nombreuses collectivités et métropoles s’inscrivent dans le développement de l’économie créative, on ne peut ignorer l’importance de la ressource et de l’accompagnement.
Comment ignorer que les musiques actuelles sont des pratiques de masse qui dépassent le simple fait d’une jeunesse en rupture, quelles participent au développement des territoires, au vivre ensemble dans une société en quête de repères et de dimension collective ?
Le Pim@nt est un des acteurs historiques majeurs, initié par Radio Béton, mais oeuvrant toujours dans des logiques collectives, comme à travers la Fracama dont il est un des pilliers en Indre-et-Loire. C’est un projet qui a soutenu de nombreuses actions et contribué à des dynamiques locales et régionales.
Le Réseau Ressource qui regroupe les centres ressources dédiés aux musiques actuelles en France et en Europe est particulièrement préoccupé par cet abandon qui traduit l’absence d’une vision large de la société, et réduit la culture à une seule logique de consommation de spectacle. Nous appelons à une responsabilité collective des partenaires publiques et des acteurs des musiques actuelles (fédérations, réseaux, centres nationaux…) pour donner un autre sens à la culture, dans l’esprit des textes de l’Unesco sur la diversité culturelle et la déclaration de Fribourg sur le droit culturel.
C’est dans ce sens que nous apportons notre soutien au Pim@nt.
